Street-art

« Pirate et subversif, le Street Art est un art du détournement et de la métamorphose. Un art qui colle à merveille aux créations de Laureth Sulfate, une artiste polymorphe à l’imaginaire décalé d’où jaillissent des oeuvres empreintes d’humour et de sensualité. Au croisement de la mythologie et de questions sociétales telles que la condition des femmes ou l’urgence sanitaire, Laureth Sulfate sait provoquer notre regard en créant des chocs symboliques et déroutants. Durant le confinement sont nées les Corona Girls, de voluptueuses pin-up retro qui chevauchent ou désirent de longues aiguilles vaccinales. Un lien trouble qui se tisse entre plaisir et morbidité. Les Corona Girls incarnent-elles des figures commerciales vantant la dose vaccinale ?
De nouvelles pin-up de guerre censés galvaniser les troupes grâce à leur pouvoir érotique ? Ou des anges de la mort venus pour égayer nos derniers instants ?
En pleine pandémie, au cours des déambulations de l’artiste, ces images pleines de vitalité et peut-être d’optimisme ? se sont ainsi répandues sur les murs de la ville, tantôt nichées sur un tronc d’arbre ou dans une fissure de mur bétonné… Repérées par des éditeurs et artistes, elles ont également fait l’objet en 2020-2021 de publications dans des livres d’art internationaux tels que « Street art of the time in Corona » ou « Beyond words » de Cindi Adler et une publication dans « le Monde International ».

l’Art & la Rue

Corona GIrl by Laureth-Sulfate - Street-art
Corona Girls – Elle va faire mouche !

Série Street-art  » Mettre les voiles »

Pourquoi faire mal, cacher, soumettre, honnir ou bénir ?
Derrière cette question séculaire, Laureth Sulfate joue la provocation joyeuse, ré-enchante et poétise l’éternel conflit des dominations, avec l’espoir de toucher la corde sensible du visiteur. Attendrir plutôt que choquer ? Tout dépend de chacun, et la rumeur dit que les femmes seraient plus promptes à décoder les doubles jeux de l’humour et de la sensualité, lorsque le caché se dévoile avec un sourire ambigu. Connivence de genre ? C’est sa propre relation avec le sujet caché que le spectateur se trouve malgré lui appelé à questionner : quels que soient les voiles et les masques dont sont parées les femmes, ne sont-elles pas plus grandes et fortes que la forme qui veut la contraindre ?
Le regardeur ne devra alors pas craindre d’être regardé, poussé dans ses retranchements, quand le conte coloré frise le champ politique, questionne les prêt-à-penser des idées simples et émancipe l’Humain de ses peurs millénaires.
C.G